• La vérité sur les community managers


    Etre community manager, pour beaucoup, c’est passer sa journée sur Facebook et ne pas faire grand chose d’autre que poster des petits messages sympathiques… Quelle erreur ! Quel préjugé !

    Si je dis ça, c’est parce que l’un de mes clients m’a demandé cette prestation et que, connaissant bien le sujet, j’ai accepté. Voici ce qui attend le community manager quand il arrive dans une entreprise ayant légèrement négligé ses réseaux depuis 6 mois :

    Une trentaine de réseaux au total : Facebook, Twitter, LinkedIn, Viadeo, Google+ pour chaque branche de produits… et aucune stratégie déjà définie.

    Résumé de mes 2 premières semaines :

    • - Audit, bien sûr, mais ce qu’on oublie de dire, c’est qu’observer la communauté existante, la segmenter selon les cibles, la scruter pour déceler ses motivations, ça prend du temps quand c’est sur 35 réseaux sans aucun outil d’automatisation.
    • - Installation desdits outils d’automatisation comme Hootsuite ou Tweetdeck mais ça, ce n’est que pour Twitter et Facebook, pour le reste ce sera tout en manuel pour l’instant !

    Là, c’était le premier symptôme, marre du clavier plat de l’entreprise, je rapporte mon propre clavier ergonomique et ma souris bien lourde qui adhère au bureau.

    • - Faire le tour de tous les responsables des différents secteurs pour les questionner avec acharnement sur leur produit et leurs cibles, les contenus qu’elles peuvent partager, etc.
    • - Réactivation des comptes pro sur Linkedin et Viadeo (et jaunisse du directeur financier qui ne pensait pas que ça coûtait si cher les réseaux sociaux !)
    • - Nettoyage des abonnements Twitter où personne ne nous a jamais followed (2000 abonnés au moins à supprimer), réponse ou suppression de la centaine de messages privés laissés par des internautes un peu partout sur les comptes, on commence déjà à y voir un peu plus clair.

    Là, le second symptôme apparaît, le community manager déjeune en 12 minutes chrono cigarette comprise parce que sinon, il ne tiendra jamais le délai qu’il s’est fixé dans le calendrier totalement utopique qui traîne dans un fichier Excel dans un dossier qu’il n’a pas encore eu le temps d’organiser...

    • - Cauchemar technique, relier tous les réseaux à Google Analytics et au système de gestion des leads avec codes de tracking… tout ça pour savoir si quelqu’un a acheté un produit en arrivant de l’un de mes liens sur les réseaux (remarquez, je serai pas peu fière quand j’aurai généré une grosse vente rentabilisant largement le coût de la prestation !)
    • - Enfin, la réanimation des comptes peut commencer, on y va doucement : 1 contenu FB tous les 2 jours, 1 ou 2 tweets par jour, un peu de recrutement (nom plus élégant que « pêche aux contacts » histoire de s’abonner à des comptes Twitter importants et jeter un coup d’oeil aux suggestions de contact Viadeo.
    • - Aïe, aïe, les contenus piétinent (rien n’arrive du bureau des responsables de secteur) et je ne peux quand même pas faire que de la présentation de produit. Pas de panique, je prononce le mot VEILLE et le mot CURATION que j’ai appris au début de l’année dernière, le visage des patrons s’éclaire. Je vais donc présenter cette technique aux responsables pour qu’ils puissent créer du contenu rapidement pour MES réseaux sociaux (eh oui, ça y est, après 2 semaines, ce sont MES réseaux sociaux !).

    Dernier symptôme, le community manager se dit qu’il n’a pas demandé un salaire (ou un prix ici) assez élevé puisqu’il devient aussi formateur et rédacteur web… mais il sait aussi que c’est déjà beau qu’il ait réussi à convaincre quelqu’un de le payer quand même correctement pour une activité que personne ne comprend à 100%.

    Le plus triste dans l’histoire, c’est que, tel le récolteur de café qui n’aurait pas l’idée d’en boire le soir, et bien je n’ai plus du tout envie d’aller sur mes propres réseaux le soir en rentrant… raison pour laquelle je serai peut-être légèrement moins présente ces prochaines semaines.

    Voici la réalité du community manager qui essaie de ne pas révolutionner la baraque et marche sur des oeufs parce que secrètement il aimerait que tout le monde s’arrête de bosser pour lui fournir des milliers de contenus à diffuser sur les réseaux sociaux… un vrai boulot touchant à tous les aspects de l’entreprise sous les regards inquiets des employés qui ne comprennent pas pourquoi on est là. Et sur ce, la complainte du poor lonesome community manager (qu’on ne sait pas où placer… à l’étage des développeurs ou à celui des marketers ?) est enfin terminée :-) ))

    La prochaine fois que vous croisez le CM de votre entreprise, ayez un mot gentil pour lui ! Croyez-moi, c’est stressant de communiquer 7 heures par jour avec des centaines d’internautes (bientôt des milliers j’espère !).

    Tenez, j’ai trouvé ça en cherchant une illustration, moi je retiens le mot ABNEGATION et il en faut, vers 14h quand on revient de son déjeuner en 12 minutes et que l’on a envie de dormir sur son clavier parce qu’on a passé la soirée de la veille à discuter stratégie SMO avec d’autres copains community managers ou webmarketers….