Pourquoi est-ce que certaines vidéos sur YouTube, DailyMotion, Vimeo et autres sont-elles visionnées par des millions d’internautes alors que d’autres tombent dans l’oubli à peine mises en ligne ? Kevin Alloca, directeur des tendances chez YouTube essaie de répondre à cette question dans une conférence TED.
Un simple constat : un homme filme un double arc-en-ciel de sa fenêtre dans le parc Yosemite aux Etats-Unis et la poste sur YouTube… juste pour partager ce moment mal filmé et rempli de ses cris d’admiration devant un phénomène… beau mais quand même assez commun. Résultat : 23 millions de vus en 2010 ! Pourquoi ?
Kevin Alloca met en lumière 3 moyens qui permettent à une vidéo en ligne de devenir un « hit » :
Ces « donneurs de tendance » sont des personnes dont l’opinion compte sur Internet et qui font découvrir leurs trouvailles aux internautes. Il peut s’agir d’une star, d’un grand blogueur, etc. Lorsque ce tastemaker partage le lien sur ses réseaux sociaux, tout le monde veut alors voir pourquoi il a trouvé cette vidéo intéressante et le nombre de vus explosent. Ce n’est peut-être pas évident de se faire repérer par l’un de ces donneurs de tendance mais ça vaut le coup !
La communauté des internautes ne fait pas que visionner. Si un contenu l’interpelle, elle s’en saisit. Elle le partage, bien sûr, mais elle peut aussi le modifier ou créer de nouveaux contenus liés à cette première vidéo. C’est le cas des parodies, très fréquentes. Pourquoi Cindy Saunders, tristement célèbre pour son passage loupé dans un télé-crochet et sa chanson « Papillon de lumière » sont-ils devenus un incontournable du web ? Non, pas seulement parce que les internautes sont méchants et moqueurs, mais parce qu’il s’agissait d’un personnage facile à imiter, à reprendre, une sorte de anti-héro qu’on pouvait montrer à ses amis comme la femme à barbe des temps anciens.
Kevin Alloca parle d’un autre exemple, plus américain, qui est celui de la chanson « Friday » de Rebecca Black (si vous ne voyez pas, c’est une chanson avec des ados qui chantent « friday, friday, friday ! »). Cette vidéo est restée plusieurs mois sans effet avant qu’un tastemaker en parle et qu’elle soit reprise sous forme de très nombreuses parodies par la communauté des internautes.
La vidéo d’entreprise que vous avez passé 3 semaines à tourner dans vos locaux avec votre camescope et à faire parler vos collaborateurs de sujets qui n’intéressent que très peu de personnes tombera sans doute assez vite dans l’oubli ou, en tout cas, a peu de chance de créer le buzz. En revanche, filmez vos collègues en maillots de bain au bureau et il se pourrait bien que votre nombre de vus explose. Pourquoi ? Parce que c’est inattendu et que les internautes adorent partager l’inattendu sur les réseaux sociaux, ce qui crée le buzz.
Ce n’est pas une idée nouvelle bien sûr : pour faire un bon calendrier local, arrêtez de photographier les commerçants du centre-ville et photographiez 12 mamies nues, buzz assuré (et film à la clé !).
Sans aller aussi loin, une vidéo n’a aucune chance de créer le buzz si elle ne suit pas l’une de ces 3 recettes.
Enfin, un conseil que je donne toujours à quiconque me parle de vidéo sur internet : faites court et percutant ! Adieu les vidéos où l’on montre le fonctionnement de son usine en 20 minutes, qui cela pourrait-il intéresser ? Vous avez plus de chances de générer le buzz en montrant un chat volant pixellisé dessiné sur TO8 (voir vidéo).
Et en plus, il y a des sous-titres français, que demander de plus !
C’est sans doute ce que le Web américain avait de mieux à offrir au monde : des conférences au ton informel et souvent très amusant sur des sujets plus ou moins graves, de l’ADN des dinosaures ou l’importance des tâches ménagères dans le mariage, mais des conférences animées par des bons orateurs, parfois connus, qui connaissent leur sujet et sans pages de pub. A déguster sans modération !